Libéralisme "politique, économie" (PART II) - GeecFi

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Libéralisme "politique, économie" (PART II)

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LIBÉRALISME ET DÉMOCRATIE LIBÉRALE

L’influence du libéralisme au XIXe siècle ne saurait mieux se manifester que dans la diffusion progressive du modèle de démocratie libérale, régime au sein duquel se réalise la conciliation du libéralisme politique et du libéralisme économique. Si, à la fin du XIXe siècle, l’Europe occidentale, pour l’essentiel, et l’Amérique du Nord sont les principales aires de diffusion du modèle de démocratie libérale, un nombre croissant de pays l’ont adopté au cours du XXe siècle.

Le régime de la démocratie libérale se définit avant tout par la participation, directe ou indirecte, des citoyens à la vie publique : c’est en cela qu’il est démocratique. Mais il est également libéral : le régime a en effet pour but de maintenir et de défendre les libertés individuelles progressivement acquises en Occident depuis la fin du XVIe siècle.

Les libertés politiques comme la liberté de la presse, la liberté de réunion, la liberté de conscience, la liberté d’expression, c’est-à-dire le droit d’exprimer ses opinions sans être inquiété, sont garanties par un système politique représentatif, c’est-à-dire par une Constitution et par l’existence d’Assemblées parlementaires où siègent les représentants élus de la nation, qui ont seuls le droit de voter les lois et les impôts.

Les libertés économiques vont de pair avec la liberté politique : l’État se proclame le défenseur des deux postulats de base que sont l’initiative individuelle et la propriété privée. La liberté sociale, sœur de la liberté économique, implique enfin que l’État ne doit pas intervenir dans les rapports sociaux, et tout particulièrement dans les rapports entre patrons et salariés. La forme politique du régime peut différer d’un pays à l’autre : certaines démocraties sont des monarchies, d’autres des républiques. Mais partout les mêmes principes fondamentaux sont respectés.

OPPOSITIONS ET ÉVOLUTIONS

Le libéralisme, bien qu’influent, n’est pas la seule doctrine politique à marquer les XIXe et XXe siècles. Nombre d’auteurs se sont en effet opposés au libéralisme, tant du point de vue politique qu’économique.
Parmi ces adversaires, les plus importants sont sans conteste les penseurs qui se réclament du socialisme. Au-delà de leur diversité, réelle, les socialistes ont en commun de faire primer l’égalité sur la liberté, le collectif sur l’individuel et, bien souvent, les rapports économiques sur l’organisation politique. Selon eux, le libéralisme est l’idéologie d’une classe particulière, la bourgeoisie, qui, jouant sur l’ambiguïté entre libertés formelles et libertés réelles, profite d’un système qui postule l’égalité de tous pour établir sa prospérité et sa domination aux dépens des autres classes sociales. La liberté est essentiellement la liberté du plus fort et, sans réelle égalité, la libre concurrence a pour conséquence l’exploitation des plus faibles.

Ils considèrent donc que l’État doit intervenir : au lendemain de la révolution de 1848, des auteurs comme Louis Blanc estiment que l’État est « une machine de progrès », apportant à l’homme les conditions de son perfectionnement.

Mais les socialistes ne sont pas les seuls adversaires du libéralisme : en 1832, l’Église catholique condamne également ceux qui, parmi les siens, se réclament du catholicisme libéral et souhaitent l’alliance du clergé et de la démocratie. Par une encyclique, le pape exprime son opposition à la liberté de conscience, qualifiée d’« opinion absurde et erronée », et à la liberté de la presse, « la pire de toutes, que l’on ne pourra jamais assez exécrer et maudire ».

C’est toutefois le libéralisme économique qui, bien plus que le libéralisme politique, suscite les critiques les plus fortes. Marx et le marxisme avaient, dès la fin du XIXe siècle, considérablement affaibli la foi que l’on pouvait avoir dans les mécanismes autorégulateurs du marché. Mais c’est John Maynard Keynes qui, par la publication de sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, apporte en 1936 la preuve décisive du caractère faillible du marché, et donc de la nécessité d’une intervention de l’État, seul à même de résoudre la question du chômage.

Les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale se caractérisent ainsi par un interventionnisme croissant de l’État dans le domaine économique et social : pour les économistes d’inspiration keynésienne, l’État doit non seulement se substituer au marché lorsque celui-ci est incapable de produire tel ou tel bien, mais il doit également agir sur la répartition des richesses et sur le niveau de l’activité économique. L’État n’est plus seulement « gendarme », il est également « providence », ayant pour charge d’assurer la prospérité (welfare, en anglais) de chacun.

Face au keynésianisme, une contre-offensive libérale se dessine : à la fin des années soixante, l’incapacité du keynésianisme à combattre la crise mondiale naissante permet à des auteurs comme Milton Friedman ou Friedrich August von Hayek de se faire entendre. Ceux-ci voient dans l’interventionnisme de l’État la cause des difficultés contemporaines et proposent un retour aux sources du libéralisme. Selon eux, le chômage ne disparaîtra qu’à la condition de libérer les individus et le marché des contraintes qui les entravent. L’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, de Ronald Reagan aux États-Unis, au début des années quatre-vingt, peut être considérée comme l’apogée de cette nouvelle vague libérale. Celle-ci connaît toutefois un reflux dans les années quatre-vingt-dix.

Les économistes sont en effet aujourd’hui beaucoup plus circonspects vis-à-vis du libéralisme qu’ils ne l’étaient il y a dix ans. Les nouvelles théories de la concurrence ou de la croissance ont suscité un regain d’intérêt pour l’intervention de l’État. Sans que ces évolutions marquent un retour aux doctrines strictement keynésiennes d’antan, il n’en demeure pas moins que les nouvelles générations d’économistes apparaissent plus interventionnistes que la précédente.

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