Libéralisme "politique, économie" (PART I) - GeecFi

FLASH INFOS

Libéralisme "politique, économie" (PART I)

adam smith, Libéralisme

PRÉSENTATION

Libéralisme (politique, économie), ensemble des doctrines politiques et économiques qui font de la liberté individuelle, définie comme un droit naturel, la valeur suprême que toute collectivité humaine doit garantir et promouvoir.

L’unité indissoluble du libéralisme politique et du libéralisme économique, postulée par les théoriciens libéraux, peut cependant apparaître problématique et donner lieu à une interrogation sur le caractère opératoire de ce principe.

ORIGINES DU LIBÉRALISME

Le libéralisme ne constitue pas un véritable corps de doctrines, et l’on peut davantage parler à son propos d’une aspiration partagée par un certain nombre de penseurs que d’une théorie uniforme. Cependant, il est possible de dater son apparition au XVIIe siècle avec la philosophie des droits naturels, formulée par John Locke, qui constitue l’un de ses premiers fondements.

Contre Thomas Hobbes, théoricien du pouvoir absolu, John Locke, partisan de la limitation des pouvoirs du souverain, s’appuie sur une théorie des droits naturels : selon lui, dans la mesure où les hommes jouissaient dans l’état de nature d’un certain nombre de droits, antérieurs à toute société politique et par là même imprescriptibles, un contrat est certes nécessaire pour passer de l’état de nature à l’état social, mais ce contrat social ne peut avoir pour effet d’abolir les droits naturels des individus et doit seulement les codifier. Le souverain se voit donc contraint de respecter ces droits naturels des hommes que sont la liberté et l’égalité, mais également la propriété privée et la sûreté personnelle.

Cette conception du pouvoir, nécessairement limité, que l’on retrouve par exemple chez Montesquieu, est caractéristique du mouvement des Lumières : dans une perspective individualiste centrée sur l’homme, la liberté devient le but de toute société mais aussi sa condition nécessaire, ce que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, adoptée dans le contexte de la Révolution française, viendra inscrire de manière irrévocable dans la tradition politique.

LIBÉRALISME POLITIQUE ET LIBÉRALISME ÉCONOMIQUE:

Dans sa variante politique, le libéralisme cherche à définir le type de régime qui permettra de garantir au mieux le respect de ces droits et de se prémunir contre les éventuels empiétements de l’État. L’État est ainsi pensé chez l’ensemble des libéraux comme un État minimal, voué à ses missions de régulation, qui s’oppose à l’État absolu du XVIIe siècle. À des titres divers, Jeremy Bentham et John Stuart Mill en Grande-Bretagne, Mme de Staël, Guizot, Royer-Collard, Tocqueville et surtout Benjamin Constant en France sont, dans la première moitié du XIXe siècle, quelques-uns des principaux acteurs du courant libéral.

Du côté français, on s’efforce de tirer les enseignements de la période révolutionnaire, en cherchant à déterminer comment on pourrait consolider les acquis de la Révolution tout en évitant à l’avenir la dérive despotique du régime symbolisée par l’Empire de Napoléon Ier. Dans ses Principes de politique (1815), Benjamin Constant s’applique à délimiter les droits naturels imprescriptibles, dont font partie la liberté religieuse, la liberté d’opinion et la jouissance de la propriété. Dans un tel système, le rôle de l’État doit se borner à garantir l’exercice de ses libertés. À cet effet, l’ensemble des libéraux du XIXe siècle mettent l’accent sur les mécanismes de limitation du pouvoir, au nom d’un ordre naturel fondé sur la diversité humaine, garantissant la liberté et le bonheur, et préexistant à toute société politique.

Le libéralisme politique se veut donc une éthique, reposant sur les aspects positifs de l’homme, conception qu’illustre bien, par exemple, l’utilitarisme d’un Bentham, pour lequel est utile ce qui est moralement justifiable.

Dans sa variante économique, le libéralisme s’applique à la défense de la liberté individuelle sur le marché. C’est en France que l’on voit se développer au début du XVIIIe siècle les contributions les plus importantes à cette doctrine économique. En s’appuyant sur la théorie des droits naturels, des économistes physiocrates comme Pierre de Boisguillebert ou François Quesnay s’opposent au mercantilisme incarné par les successeurs de Colbert et dénoncent l’intervention économique de l’État. Pour ces auteurs, les individus doivent être laissés libres de poursuivre leur intérêt particulier puisque l’ordre social qui en résulte est le meilleur possible. Il existe en effet des lois naturelles qui permettent de concilier l’intérêt personnel et le bien-être général : ces lois sont celles du marché, régi par les principes de la concurrence pure et parfaite. La formule « laissez-faire, laissez-passer », du physiocrate Vincent de Gournay, résume cette première formulation du libéralisme en matière économique.

Ces idées sont reprises par les économistes classiques britanniques de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe : dans la Richesse des nations, publié en 1776, Adam Smith évoque une « main invisible du marché » qui, grâce aux prix, assure la coordination des intérêts individuels et conduit à un résultat profitable pour tous, sans qu’à aucun moment un acteur quelconque ait eu à sa charge la responsabilité de l’intérêt général. Le marché assure ainsi bien-être et résolution des conflits. Dans ce cadre, l’intervention de l’État doit être réduite au maximum. Pour Smith, l’État doit être défini comme un « État gendarme », un État minimal, qui a pour seule fonction de veiller au respect des conditions de concurrence pure et parfaite, de permettre l’exercice de la liberté individuelle et, le cas échéant, de pallier les rares défaillances du marché. Au XIXe siècle, David Ricardo, Malthus, John Stuart Mill, en Grande-Bretagne, Jean-Baptiste Say, en France, prolongent la réflexion d’Adam Smith et font des années 1820-1914 l’âge d’or du libéralisme économique.

La conciliation du libéralisme politique et du libéralisme économique peut paraître problématique dès lors que l’on se réfère à l’application des principes : un État mettant en œuvre une politique économique dite libérale peut parfaitement, en effet, le faire dans le cadre d’un système qui ne satisfait pas aux principes du libéralisme politique. Néanmoins, cette conciliation n’est pas contestable du point de vue des principes, qui postulent que ce ne sont pas les rapports économiques qui organisent les rapports politiques, mais bien les fondements du libéralisme qui, transposés dans une autre sphère (le marché, libre lieu de confrontations et d’échanges, n’étant que la traduction de l’indétermination et du choix des individus), manifestent l’aspiration universelle à la liberté.

Dossiers économie
Cours économie
Libéralisme politique
Libéralisme économie
Libéralisme

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

GeecFi Designed by Templateism.com Copyright © 2015

Images de thèmes de Jason Morrow. Fourni par Blogger.