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Financement des retraites: a-t-on trouvé la formule magique ?

Ce n’est un secret pour personne. Les caisses de retraite marocaines vont mal. Bientôt les pensions à verser seraient supérieures aux cotisations.


C’est dire qu’il y a péril en la demeure. Et que, à plus ou moins longue échéance, il n’y aura plus d’argent à verser aux salariés qui ont pourtant cotisé pendant des années, voire des décennies de leurs vies. L’enjeu est de taille. Mais, le gouvernement semble en être conscient. La semaine dernière, l’ébauche de la réforme tant attendue semble se dessiner enfin. Mais il y a encore un long chemin à parcourir et, forcément, des décisions impopulaires à prendre.

La question des retraites est une bombe à retardement. Si elle n’est pas désamorcée à temps, les dégâts seraient énormes sur les plans politique, économique et social. Depuis plusieurs années déjà, la sonnette d’alarme a été tirée et les gouvernements qui se sont succédé rechignaient à trancher dans le vif. 
Il faut dire que le problème est économiquement complexe et nécessite une sacrée dose de courage politique. Que l’on ne s’y trompe pas, la réforme des retraites ne peut passer que par des décisions fortes qui ne sont pas forcément populaires. Mais, la pression monte et si on n’agit pas vite, les déficits annoncés risquent de se creuser davantage. Le gouvernement actuel semble en tout cas avoir pris la mesure de la gravité de la situation. La semaine dernière, la Commission nationale chargée de la réforme des régimes de retraite s’est réunie à Rabat pour discuter de son plan de réforme. Pour la première fois depuis des années, les ébauches de la réforme commencent à se dessiner. On parle d’un système bipolaire, un pôle public et un pôle privé. C’est ce qui ressort en tout cas du mémorandum de la commission technique présenté devant le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.

Selon les propositions faites par ladite commission, le pôle public devrait regrouper les régimes de retraite civils et collectifs. Quant au pôle privé, il aura pour principal objectif de renforcer la situation financière de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), une mesure qui pourrait lui permettre de jouer pleinement son rôle social et d’élargir la couverture sociale aux autres catégories de la population active, autres que les salariés, toujours selon le mémorandum.



Abdelilah Benkirane, qui s’exprimait à l’ouverture des travaux de la Commission nationale chargée de la réforme des régimes de retraite, a affirmé que le deuxième volet de la réforme concernait l’introduction des réformes aux régimes de retraite civils qui se trouvent dans une situation «critique» par rapport aux autres régimes de retraite, et ce, afin de renforcer leur assiette financière et repousser éventuellement leur déficit.
Dans son intervention, le chef du gouvernement a précisé que le gouvernement allait «œuvrer à trouver une formule consensuelle fondée sur l’esprit de citoyenneté dans le but d’adopter une réforme appropriée pour notre pays en s’inspirant des expériences réussies dans ce domaine au niveau international». Le ministre de l’Économie et des finances, Nizar Baraka, a affirmé dans une déclaration à la presse que «ce plan préconise également l’élargissement et le renforcement de la couverture sociale pour toucher une plus large catégorie de la population active».

En tout état de cause, «un système de retraite basé sur deux pôles, l’un dédié au secteur privé et l’autre au secteur public et semi-public, est tout d’abord un compromis réaliste, car il répond à la position de certaines parties au sein de la commission technique qui tenaient à cette dissociation», explique l’analyste économique Mhammed Grine. La question des retraites est en effet extrêmement délicate. C’est ce qui explique la prudence, voire l’attentisme des responsables qui suivent ce dossier. M. Grine affirme à juste titre que «l’augmentation des cotisations salariales et des contributions patronales toucherait au pouvoir d’achat des salariés et impacterait négativement la compétitivité des entreprises marocaines».

Il convient donc de trouver la formule qui permettrait de lancer la réforme avec le moindre coût sur les plans politique et social. Autrement dit, faire en sorte que les gouvernements ne supportent pas seuls les conséquences de certaines décisions impopulaires, que les syndicats restent en bons termes avec les salariés et que les patronats préservent les intérêts des entreprises.

Mais là encore, l’écueil à éviter, c’est de vouloir à tout prix satisfaire toutes les parties, au risque de vider la réforme de sa substance. «Vouloir satisfaire tous les protagonistes pourrait aboutir à reproduire cet existant et consacrer donc le statu quo qui ne peut que conduire inéluctablement à la faillite du système», prévient M. Grine.
source: lematin.ma


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